Un proverbe anglais dit que la mort ne consulte aucun calendrier. C'est ainsi qu'après Mignonne, c'est notre vieux matou Shumann âgé de 17 ans qui a rejoint le Paradis des Chats
Ca me fait songer à la nouvelle d'Emile Zola "Le Paradis des Chats" ; c'est un récit d’une écriture simple sans pompons ni falbalas dans le pur style Zola qui devient prétexte à une réflexion sur la liberté : un chat domestique s’ennuie dans son confort quotidien et il a alors le goût d’explorer autre chose en se sauvant par une fenêtre
Ce qui est propre aux Chats du Maquis c'est qu'ils ont à disposition le confort d'une maison familiale et la possibilité d'explorer "autre chose"
C'était le quotidien de Shumann qui avait organisé sa petite vie en liberté totale, entre coussins moelleux à l'intérieur, jardins et maquis à l'extérieur où il aimait jouer au caïd dans ses plus jeunes années. A 15 ans il avait encore une belle musculature qui étonnait toujours le vétérinaire !
Au revoir petit Shumann, tes protecteurs sont dans une immense peine mais ils te souhaitent de poursuivre ton Chemin en paix après tout l'amour que tu leur as offert et de continuer à castagner quelques malotrus au besoin...

"J’avais alors deux ans, et j’étais bien le chat le
plus gras et le plus naïf
qu’on pût voir. À cet âge
tendre, je montrais encore toute la présomption
d’un animal qui dédaigne les douceurs du foyer.
Et pourtant que de remerciements je devais à la
Providence pour m’avoir placé chez votre tante !
La brave femme m’adorait. J’avais, au fond d’une
armoire, une véritable chambre à coucher,
coussin de plume et triple couverture. La
nourriture valait le coucher ; jamais de pain,
jamais de soupe, rien que de la viande, de la
bonne viande saignante.
Eh bien ! au milieu de
ces douceurs, je n’avais
qu’un désir, qu’un rêve, me
glisser par la fenêtre
entrouverte et me sauver sur les toits. Les
caresses me semblaient fades, la mollesse de mon
lit me donnait des nausées, j’étais gras à m’en
écoeurer moi-même. Et je
m’ennuyais tout le
long de la journée à être heureux.
Il faut vous dire qu’en allongeant le cou,
j’avais vu de la fenêtre le toit d’en face. Quatre
chats, ce jour-là s’y battaient, le poil hérissé, la
queue haute, se roulant sur les ardoises bleues, au
grand soleil, avec des jurements de joie. Jamais je
n’avais contemplé un spectacle si extraordinaire.
Dès lors, mes croyances furent fixées. Le
véritable bonheur était sur ce toit, derrière cette
fenêtre qu’on fermait si
soigneusement. Je me
donnais pour preuve qu’on fermait ainsi les
portes des armoires, derrière lesquelles on cachait
la viande.
J’arrêtai le projet de m’enfuir. Il devait y avoir
dans la vie autre chose que de la chair saignante.
C’était là l’inconnu, l’idéal. Un jour, on oublia de
pousser la fenêtre de la cuisine. Je sautai sur un
petit toit qui se
trouvai au-dessous"
Extrait Le Paradis des Chats
-Emile Zola-

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