
"Acquérir des connaissances en nutrition animale est un atout pour remplir en connaissance de cause, et avec sérénité, la gamelle de nos quatre pattes
Il faut du temps, de la persévérance et quelques compétences scientifiques, pour trouver des sources concordantes et démêler le pertinent de l’insuffisant. . .
Nourrir, c’est forcément effectuer un choix. La question essentielle est : répond-on aux besoins de l'animal domestiqué ?
D’autant que les déséquilibres alimentaires sérieux se manifestent sur le long terme. . .
-Li-Ling-
C’est un de ces dilemmes, un peu inattendus, auxquels on se confronte quand on a arrêté la viande et/ou rejeté l’exploitation animale :
Comment nourrir son chien, son chat, son furet, sans renoncer à l’éthique ?
D’avis péremptoires en doutes prudents, l’heure de la gamelle cristallise des arguments parfaitement contradictoires
Pas question de trancher, pas même de prétendre à l’exhaustivité sur la vaste question des animaux de compagnie
Juste d’esquisser quelques pistes et ressources pour considérer la question sous plusieurs angles" :
C'est justement ce que propose dans le dernier article "d'Alternatives végétariennes" de ce printemps, Karine FREUND-VERNETTE
Chiens et chats ne sont guère gastronomes, la nouveauté a même plutôt tendance à les rendre méfiants
De plus, leur système digestif s’accoutume à une nourriture identique au fil du temps : un changement graduel facilite l’adaptation de la flore intestinale
L’une des motivations du végétarisme, et à plus forte raison, du véganisme, est le refus de l’exploitation animale. Il est alors contradictoire d’y recourir pour alimenter ses animaux de compagnie
Il faut pourtant se rendre à l’évidence : nos chats sont car-ni-vores stricts avec une dentition conçue pour déchiqueter, un système digestif court, des enzymes spécialisées dans l’assimilation des fibres musculaires,
Le métabolisme des chats nécessite une part importante de protéines, et des éléments comme la taurine -dérivé d’acide aminé présent dans les viandes et que le chat ne peut pas synthétiser-, ou la L-carnitine -composé aminé davantage présent dans les aliments d’origine animale-
Bref, les tableaux nutritionnels qui leur conviennent sont très différents de celui des humains. Comme la recherche du bon sens amène souvent à se référer à ce qui est naturel, ou perçu comme tel, on en conclura rapidement que nos invités resteront à la viande, puisque telle est leur nature
On peut cependant retourner l’argument. Les chiens sont des carnivores non stricts, ils peuvent donc naturellement digérer les protéines végétales
À l’état sauvage ou semi-sauvage, le régime essentiellement carné des chats sollicite beaucoup leurs reins, qui sont justement leur point faible. Un problème dont ils n’ont que peu le temps de pâtir : leur espérance de vie est de cinq à huit ans, loin de la quinzaine d’années bien tassée à laquelle peut prétendre le félin de canapé
Les chats d’appartement, comme les races canines issues d’une longue sélection, ont peu de points communs avec le mode de vie de leurs ancêtres
Les pathologies liées au vieillissement sont inexistantes à l’état de nature, et la vie sauvage ne tient pas compte des questions de race, d’activité physique, de période de la vie ou de nécessités de santé… Dans un contexte très lié à l’humain, se baser sur le « naturel » est finalement peu pertinent.
Il reste, diront les tenants d’une alimentation traditionnelle, l’anthropomorphisme de maîtres qui imposent leurs choix éthiques à des animaux qui n’en ont que faire
Si, quand on décide de faire une place à un compagnon non-humain, on peine à se faire une raison, on peut aussi botter en touche : lapins, rats, souris, hamsters… sont végétaliens. Ce qui ne met pas à l’abri d’autres dilemmes. Dont le premier est :
Quelle est la légitimité de l’humain à détenir des animaux pour son agrément ?"

Nos précédents articles :
"De l'importance de l'alimentation : les bases de la nutrition féline" CLIC
"De l'importance de l'alimentation féline" : hydratation CLIC

illustration de Simon's Cat