
Petite Edelweiss, née en 2010, que d'épreuves tu as traversées dans ta courte vie !
Tu as su me montrer à l'âge de 4 semaines que tu voulais vivre, bien qu'un mal te rongeait les intestins, nous avons lutté toutes les deux, tu as gagné.
Edelweiss, en 2012 suite à une fracture du bassin, là encore ta détermination de vivre a été la plus forte et ta rééducation faite des dans conditions extrêmes puisque tu refusais de rester dans la cage de convalescence au risque de te faire d'autres fractures tant tu t'agitais, bloquée entre tes barreaux, tu es encore sortie de l'épreuve avec brio.
Je me souviens t'avoir vue si souvent grimper à l'arbre à chat sans passer par les étapes de sécurité ; tu sautais directement au plus haut, ton corps faisait balancier et c'est à la force de tes pattes avant que tu te hissais tout en haut. J'en ai eu des sueurs froides en te voyant faire et je mettais discrètement une main sous tes jolies petites fesses pour t'aider mine de rien histoire de ne pas te vexer et surtout pour ne pas te voir tomber et te fracturer le bassin une nouvelle fois.
Edelweiss, tu étais très affectueuse, toujours à la maison et dans les alentours à faire les 400 coups mais tu n'étais pas très affectueuse au sens où tu ne te laissais pas prendre facilement dans les bras, mais tu appréciais les caresses à toutes heures si tu le décidais et notre compagnie t'était agréable, rassurante... Je vais regretter nos longues et trop rares effusions venant de ton initiative lorsque tu te lovais sur moi, que tu roucoulais à n'en plus finir et toujours en phase "suractive" tu te frottais sur mon visage et m'offrait une tendresse au centuple de ce que j'attendais, l'air de dire : "je paie ma pension pour 3 mois, maintenant je passe à autre chose, il faudra t'en contenter !" Et je me retrouvais seule couverte de poils blancs de la tête aux pieds, comme sevrée trop tôt !
Edelweiss tu avais aussi une petite odeur bien à toi, pas comme celle de tous les chats après leur toilette, lorsque je trouve que vous fleurez bon le miel. Toi Edelweiss que j'appelais ma Biquette, tu sentais un peu le furet, c'est ainsi qu'en pleine nuit lorsque tu venais me rejoindre au plus près de mes narines je savais que tu me faisais l'honneur de ta présence, trahie par ton parfum. Je ne suis pas prête de l'oublier cette petite odeur âcre bien à toi et les rares fois où tu as accepté que je plonge mon museau sur ton ventre ou dans ton cou, je me repaissais de cette intimité qui nous liait quelques courts instants.
C'était notre Edelweiss dans toute sa splendeur, à sa façon elle donnait beaucoup, il fallait tout simplement savoir la comprendre, l'observer et l'aimer telle qu'elle était.
Tu nous a toujours fait rire avec tes exploits, tous plus hilarants, plus extrêmes et plus tendres les uns que les autres... Aujourd'hui tu nous fais pleurer.
Fin mai, la maladie t'a de nouveau rattrapée, quelques heures après la visite chez notre vétérinaire, il n'était pas possible de te laisser souffrir plus longtemps, Edelweiss.

Pollux, notre compagnon de plus de 15 ans, du haut de tes 16 ans 1/2 tu nous as quittés quelques jours après Edelweiss qui était toujours scotchée à toi telle une arapède à son rocher !
Pollux, toi qui n'a jamais apprécié les chats, oh que non, cette race montée sur ressorts n'a jamais convenu à ton rythme et pourtant tu les a toujours gardés sous ta protection ces nombreux matous et gare à tout étranger qui s'en prenait à l'un d'eux !
A l'âge d'un an lorsque tu as croisé notre route, il t'en a fallu du temps pour accepter de venir à la maison, tu savais que le portail se refermerait sur toi et qu'il en serait fini de ta liberté, mais une petite vie bien sympathique t'attendait dans une maison avec jardin ainsi que de nombreux compagnons félins qui allaient jalonner ton quotidien, plus la chienne Câline avec qui tu as fait tant de balades et de jeux.
Pollux, toi si doux mais qui n'a jamais écouté que ce que tu voulais bien entendre et lorsque ton maître devenait un peu trop insistant, tu venais à mes pieds et assis tu me regardais d'un air de dire : "Tu le calmes le grand, je n'ai aucunement envie de suivre ses conseils et je sais que tu es la seule à pouvoir le raisonner rapidement !"

Pollux, tous les jours et par tous les temps, été comme hiver, toi et ta compagne Câline vous nous avez accompagné pour les balades à l'extérieur afin de nourrir des chats et nous en avons pris des risques en traversant des cours d'eau, parfois avec de forts courants, mais nous menions nos actions ensemble, unis pour le meilleur, toujours.
Tu n'as jamais été un chien fou-fou, lorsque nous partions en balade tu avais le souci de ne pas nous quitter des yeux, tu nous guidais, tu avais la mission de nous ramener à la maison.
Pollux, tu étais usé. Ton grand âge a eu raison de toi..., tu es parti rejoindre Edelweiss et bien d'autres...

Pollux, nous nous comprenions d'un seul regard. Tu as toujours été celui que j'ai nommé "mon fils".
Cette terre n'est qu'un passage, cette existence qu'une épreuve...
Joëlle