Il commençait sérieusement à se demander pourquoi ses camarades portant des noms célèbres faisaient la une du blog, et pas lui !
Il est grand temps de vous présenter Flaubert,
Notre Flaubert du Maquis,
Sa silhouette arachnéenne pourrait vous faire penser qu'il s'agit d'un p'tit jeune ; or il n'en n'est rien
Flaubert est arrivé en 1997 ; il aurait environ 18 ans (clic ici pour retrouver son article de présentation)
Son grand âge est lourd à porter. Cependant, et c'est son choix, il mène sa vie de chat indépendant à l'extérieur. mais avec le froid qui s'est installé en Corse, il nous retrouve volontiers à l'intérieur. Il a repris quelques grammes, son poil est beau, dense et brillant.
Ses oreilles en dentelle sont des souvenirs de folles nuits passées dans des lieux inavouables avec des matous très peu recommandables…
Il est très attachant ce petit félin et expressif au possible.
N'empêche que pour faire un lien entre le félin noir d'ici et le Gustave Flaubert du XIXe siècle, nous avons eu beau chercher... le pamphlétaire ne semble pas avoir écrit une ligne sur les chats !
Seul "l'épisode du chien" dans la Première Education Sentimentale évoque un animal ; le style unique de l'écrivain est cependant une délicieuse gourmandise :
"Et Jules se sentit une compassion infinie pour cet être qui le regardait avec tant d'amour ; il se ressouvint alors du jour qu'on le lui avait donné, c'était un jeudi, un jour de fête, on l'avait apporté dans un panier sur du coton ; il se rappela le temps où il était tout petit, quand il se perdait dans le gazon, éternuant aux herbes qui lui piquaient le museau ; il venait le matin sur son lit, il se jouait dans ses draps, mordait les couvertures, traînait le tapis de pied dans la chambre ; le soir, quand Jules rentrait du collège, il reconnaissait son pas et aboyait en l'entendant venir de loin. Quand il sortait, il l'emmenait avec lui, il le laissait courir ça et là, chassant dans les taillis, effrayant les poules à travers les haies, gambadant, galopant, pendant que son maître continuait sa promenade et sa rêverie. Puis il avait grandi, il était devenu beau, on l'admirait, les dames le caressaient, passaient leurs mains blanches dans ses longs poils soyeux, sur sa tête mince et allongée ; Lucinde l'avait vu, l'avait baisé, elle l'avait voulu."
Le nôtre de Flau-Flau n'est pas un écrivain d'exception, cet hédoniste -comme tous les chats, chacun le sait- se contente de savourer le bonheur ineffable d'une promenade dans l'herbe du maquis corse. Que Gustave aille se rhabiller s'il n'a pas écrit sur les félins !

"Il faut, si l’on veut vivre, renoncer à avoir une idée nette de quoi que ce soit. L’humanité est ainsi, il ne s’agit pas de la changer, mais de la connaître".
"Je suis doué d'une sensibilité absurde, ce qui érafle les autres me déchire."
"Le bonheur n'est peut-être qu'un malheur mieux supporté."
-Gustave Flaubert- 1821/1880

Et voici un extrait d'un texte de Flaubert, paru dans Le Colibri le 12 février 1937 que que notre marraine Béa a trouvé ici où le mot "chat" figure ! :
"Il n'avait pourtant pas cet air de suffisance et de nullité habituel aux gens qui ont des valets galonnés, de beaux habits et la tête creuse. Non, cet homme était un savant, mais un riche savant. C'est-à-dire, un homme qui, à Paris, écrit sur une table d'acajou, a des livres dorés sur tranche, des pantoufles brodées, des curiosités chinoises, une robe de chambre, une pendule en or, un chat qui dort sur son tapis, et deux ou trois femmes qui lui font lire ses vers, sa prose et ses contes, qui lui disent : Vous avez de l'esprit, et qui ne le trouvent qu'un fat. Les manières de ce gentilhomme étaient polies. En entrant il salua le libraire, fit une profonde révérence et lui dit d'un ton affable..."
