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LE DEUIL DE NOS ANIMAUX [commenté]

 


Avec l'autorisation de son auteur, j'insère sous la forme d'un article, un commentaire -posté sur l'article LE DEUIL DE NOS ANIMAUX- qui mérite par sa qualité d'être mis en exergue. Je remercie sincèrement Marc pour son témoignage :



""Je suis véto et j'euthanasie très souvent des animaux.

J'explique toujours gentiment aux maitres comment je vais procéder et comment le chat va réagir (par exemple petites contraction post mortem sur un animal très débilité) ; ainsi, je sens ceux à qui je dois proposer l'éventualité de s'eclipser avant la fin. Dans ce cas, il peut m'arriver d'anesthésier le chat par voie intramusculaire, avant de faire une intraveineuse de poison, un des maitres partant quand le chat dort.

Je fais l'euthanasie dans une salle éloignée des consultations de façon à expliquer aux maitres qu'ils peuvent rester aussi longtemps qu'ils en ont besoin auprès du cadavre, loin du tohu bohu de la clinique. Parfois au contraire je sens que les maitres veulent à tout prix ne pas assister à l'euthanasie, et je me débrouille seul... TOUJOURS je ratrappe les maitres avant qu'ils ne quittent la clinique, et ,quelle que soit mon impression ou ma conviction, je leur répète 2 ou 3 fois qu'ils ont eut raison de faire piquer leur chat maintenant, parfois je leur rapelle tous les soins qu'ils lui ont fait donner, les maladies dont on l'a sauvé, grace à leur attention : les gens se sentent souvent coupables me semble t il

Parfois, j'attends 2 semaines, ou +, je ne me force pas, et j'envoie un petit mot, modeste, neutre, insistant seulement sur ma façon d'avoir perçu les particularités du caractère de cet animal là, en particulier : il s'agit toujours d'animaux que j'ai connu, des 1ers vaccins jusqu'à la fin. J'avoue que sur ces chats que j'ai connu 15 ou 20 ans, je laisse parfois couler mes larmes, sans chichi.

J'ai ainsi euthanasié d'innombrables chats, chiens, nacs, vaches, chevaux, ânes, volatiles, etc...

Ma façon de m'en tirer ? étant bouddhiste depuis 20 ans, je tue en pratiquant la pleine conscience : concentré sur ce que je fais, et sur ma respiration, et sur l'instant présent de cette mise à mort, cet acte n'est jamais banal ni machinal pour moi.

Ainsi je me protège du coté corrosif de l'euthanasie pour celui qui en pratique beaucoup. A ce moment là + qu'à tout autre j'essaie d'aimer les gens, même ceux que je prends en tant normal pour des sales cons...

Si j'accepte de pratiquer l'euthanasie, pour quelques instants j'accepte intégralement les maitres... il m'arrive plusieurs fois par trimestre de refuser l'euthanasie parce que les motifs ne me semblent pas acceptables...

Il m'arrive aussi de pratiquer l'euthanasie uniquement parce que je sais que c'est ça ou un coup de fusil du propriétaire de l'animal... Dans ces cas là, je chasse le maitre avant de me débrouiller seul avec le chien (ce qui m'a déja valu 5 jours aux urgences pour septicemie par simple morsure d' un chien désemparé...)

Il m'arrive aussi de pratiquer l'euthanasie plus tôt que je l'aurais fait pour mon animal, parce que je sens le maitre à bout, incapable d'en supporter + (une longue agonie) dans ce cas je sens parfois que je peux prendre les rênes et dire au maître : protégez vous, n'allez pas risquer un infarctus ou un avc, il faut tout arreter maintenant.

Parfois, je sens les couples très divisés. dans ce cas là, toujours j'impose 2 ou 3 jours de réflexion : je montre à 1 partenaire que l'autre n'est pas prêt...

Voilà, à chaud, quelques détails sur mon vécu de cet aspect de ma profession. savez vous qu'en Europe, vétérinaire est une des professions ou il y a le + de suicides (vers 40 ans) ? nous avons ce qu'il faut, nous savons nous en servir, nous avons une idée plutôt positive de l'euthanasie, et... nous sommes souvent surmenés"".




°  Pour accompagner ces lignes touchantes, j'ai placé en première position du widget : Thomas Dutronc : Veish a no drom,  de l'album "comme un manouche sans guitare"  °


Rose

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R
<br /> Je comprends tellement...<br /> <br /> Il faut laisser la douleur faire son chemin, l'accepter, à son rythme.<br /> <br /> Je te serre tendrement.<br />
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P
Tu sais, Rose, j'ai survolé cet article mercredi..peut être un hasard.. Je n'ai pu le lire, ça me rendait trop triste, alors j'ai passé..<br /> Et je me dis qu'aujourd'hui, c'est à mon tour...<br /> C'est vrai que c'est toujours difficile de faire son deuil..<br /> Pourtant, je suis confrontée à la mort assez souvent, car dans le service où je bosse on a des lits de soins palliatifs... On a vu aussi en cours ces sujets sur le deuil..<br /> Mais comme on dit, chaque personne est différente, réagit différemment face à ces phases de deuil.. ces phases sont plus ou moins longues, se suivent et se chevauchent..<br /> Et, je m'aperçois aujourd'hui que ce n'est pas facile, j'ai de temps en temps de la colère qui vient en moi, de la culpabilité, de l'acceptation, tout se mélange..<br /> Enfin, il va me falloir un certain temps pour arriver à l'acceptation définitive de la mort de Chipie..J'en suis consciente et je vais y remédier comme tout le monde...<br /> <br /> Merci infiniment Rose pour ton soutien..ça me touche beaucoup et me fait chaud au coeur..<br /> <br /> Affectueusement<br /> <br /> Anne
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R
<br /> Merci à toi Leiloonaine pour ton témoignage qui est très émouvant.<br /> <br /> Je comprends tellement ce que tu ressens...
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L
Je viens de lire votre article. <br /> Je ne m'étais jamais mise à la place du vétérinaire ... Cette année, j'avais une minette mal en point. La dernière semaine, elle n'a rien mangé. Elle sentait sûrement la mort venir. Mais elle restait toujours auprès de nous, faisant des ronrons quand je la caressais. 14 ans qu'elle était à côté de moi. Jamais un humain ne m'avait accompagnée aussi longtemps. <br /> Nous formions une belle équipe. Plus d'une fois, je me suis demandé s'il fallait que j'aille chez le véto. Mais elle ne manifestait aucune souffrance. Alors j'ai préféré la garder avec moi, préférant lui donner des dernières preuves d'amour. Et c'est à côté de moi qu'elle a rendu son dernier souffle. <br /> Si elle avait manifesté une quelconque souffrance, je l'aurais emmenée chez le véto ... mais je ne sais pas si j'en aurais eu la force. C'est un acte délicat ...<br /> Merci de m'avoir fait lire votre point de vue. Cet article est touchant.
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R
<br /> Bonjour Joke,<br /> <br /> Ton article m'a beaucoup émue ; je me mets à ta place et j'imagine comme ces crises sont anxyogènes pour Frimousse et pour vous...<br /> <br /> L'épilepsie est difficile à gérer, mais tu sembles être à même de pouvoir calmer les poussées et ce n'est pas rien.<br /> <br /> Tu penses que ce sont les caresses (massage apaisant ?) qui peuvent modérer le pic ?<br /> <br /> Bien sûr qu'il n'est pas question de pousser Frimousse, mais de l'accompagner.<br /> <br /> Il saura vous faire comprendre si cette maladie devient intolérable pour lui. Aies confiance.<br /> <br /> En attendant, je te souhaite beaucoup de courage et... d'abnégation pour continuer à offrir à Frimousse le meilleur confort possible, et tout ton amour, qu'il te rend au centuple :-)))<br /> <br /> Merci Joke :-))))) et à bientôt j'espère.<br /> <br /> As-tu bien vu l'article initial sur LE DEUIL DES ANIMAUX ? Celui-ci est l'article commenté par Marc :-))<br /> <br />
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