"On n'a pas un coeur pour les humains
Et un coeur pour les animaux.
On a un coeur,
ou on n'en a pas !"
- Alphonse de Lamartine -
Nous,
Petits félins, qui attendions tant de vous les humains qui nous avez domestiqué pour ensuite nous rejeter aussi facilement.
Vous,
Les humains que l'on dit intelligents, donc capables de comprendre et d'agir avec discernement,
Abandonneriez-vous vos enfants sur le bord des routes comme vous le faites avec nous ?
Nous sommes des êtres sensibles.
Comme n'importe quel être humain, nous avons nos peurs, nos terreurs, nous connaissons la faim, le froid, la solitude…
Seul notre silence face aux souffrances que vous nous infligez fait toute la différence et vous conforte dans ce que vous croyez être votre "supériorité" pour le choix d'une décision nous concernant.
Vous devenez seul juge face à un accusé sans parole.
Les plaisirs, les jeux, la volupté etc nous habitent et font de nous de petits êtres exceptionnels tout comme vous qui regardez grandir vos enfants avec ravissement…
Lorsque l'on est capable d'aimer un animal, on peut aimer un enfant, un humain…
L'inverse, c'est une autre histoire.
Aimer & respecter, l'un ne va pas sans l'autre.
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Mais qui êtes vous donc pour nous jeter sur le bord des chemins, avec un peu de chance près d'habitations ? Je dis bien avec seulement "un peu" de chance, car voici les résultats de ce jeu cruel :
Moi, jolie Myrtille, abandonnée à l'âge de 3 mois sous des conteneurs de poubelles, j'ai mis tant de temps pour me laisser apprivoiser pour finir ma vie sous les roues d'une voiture, âgée de 10 mois.
La patience de ma protectrice a été mise à rude épreuve, car c'est elle qui venait à moi pour me nourrir, me parler et me rassurer. Des poubelles, il m'a fallu plusieurs mois pour arriver jusqu'au jardin de ma protectrice éloigné de 200 m, c'est vous dire ma crainte.
J'ai enfin franchi le pas, j'ai été stérilisée, puis... le trou noir.
Mon passage sur terre fut bien court, l'être humain ne m'a guère laissé de chance… les poubelles !

Moi, magnifique Dahlia, je n'ai pas atteint l'âge de la stérilisation, Joëlle n'a retrouvé de moi que mon squelette et mon pelage qui le recouvrait en partie, j'ai pu être identifié par mes restes…
J'ai juste eu le temps d'apprécier quelques jeux avec mon ami Domino avant de vous quitter. Traumatisée par mon abandon, mon court séjour sur terre ne fût qu'errance car je n'ai jamais acceptée de me fixer au sein du cheptel des Chats du Maquis.



Moi, l'inoubliable Prince, après m'avoir retiré mon collier, on m'a jeté comme un malpropre, comme les autres je gênais. Un répit de quelques mois dans la maison des Chats du Maquis m'a permis de croire à nouveau au bonheur et j'ai fini ma vie dans la souffrance, seul dans un caniveau, blessé, et ce fut long…Castré en janvier 2010.
Et tous les autres qui n'ont jamais passé le pas d'une porte d'une famille accueillante, qui n'ont eu que le temps de crever de faim, de froid, de terreur, de souffrances…
De quel droit vous permettez-vous de tenir nos vies en si peu d'estime !
Lorsque vous nous jetez à proximité d'une structure d'accueil telle qu'une association vous croyez que l'on va attendre gentiment que l'on nous ouvre une porte, terrorisés, affolés, perdus, sans plus aucun repère nous fuyons, mais où ?
Je vous rappelle qu'une association est une structure très fragile, souvent avec peu de moyens financiers, toujours trop peu de moyens et disponibilité en humains pour assurer un suivi digne de ce nom, pas ou peu de capacité d'accueil etc…
Et de quel droit vous nous abandonnez malades et contagieux, comme nous, Lazzi et Lilas, au risque de décimer notre cheptel d'accueil !

Lilas positive à la PIF, son organisme est déjà bien atteint, c'est ce qui a alerté le vétérinaire lors de sa stérilisation (mars 2010).
Lazzi n'a pas été testée, mais comme elles sont inséparables, le risque est grand.
Lilas a bien failli nous quitter, 48 heures après sa stérilisation, un mauvais coup lui a été assené (par qui ? comment ?). Toujours est-il qu'elle redevenait sauvage et intouchable, les soins impossibles à prodiguer. Son calvaire fut long et le nôtre aussi !
Pour vous qui les avez abandonné, loin des yeux, loin du cœur, bien loin du porte-monnaie et des responsabilités, comment élevez-vous donc vos enfants ? Avec autant de légèreté ?
La comparaison gêne une fois de plus, mais la souffrance est la même pour tous !


Lazzi, une semaine après son abandon, juste le temps de prendre un rendez-vous pour sa stérilisation (mars 2010), son ventre rond ne laissant aucun doute sur l'arrivée imminente de chatons. Lilas a certainement avorté naturellement, vu son état… impossible de poser un diagnostic sûr Elle a accumulé beaucoup de chocs en peu de temps, fragilisée elle est, fragile elle restera.


Lazzi (avec Pompom sur la photo ci-dessus) a son œil droit bleu, le gauche est jaune/vert
Lilas, c'est l'inverse ! : son œil gauche est bleu et le droit jaune/vert.
Rubis, lui, a les deux yeux bleus !


Comme les deux vaironnes, balancé sans plus d'égard, trouvé bien plus tard, non castré et dans un état de santé "douteux".
Rubis était blessé physiquement et moralement, il va s'en dire…

Les deux cages près de Rubis n'attendent que les deux minettes suivantes, pour leur stérilisation :
Déménagement dans les règles de l'art, les "encombrants" sont laissés sur place !
Nous, les 4 beautés du camping, après un bonheur parfait, nos maîtres ont déserté le chalet, notre havre de paix à tous. Nous nous sommes retrouvées étrangement seules et gestantes pour deux d'entre nous !
Nos deux compagnons canins ont eu la chance d'être adoptés rapidement, nous attendons notre tour ! En quelques minutes, six abandons, rien que ça !

Juste après notre stérilisation (8 avril 2010), sous bonne garde de l'ami mâle !

Môssieu le bel inconnu, certainement le fautif (suivez les bandages)…qui espère encore, le coquin ! Il reste encore deux femelles consommables. Il ne sait pas que dans quelques jours, les deux belles seront opérées (fait le 27 avril 2010) et une a eu le temps de fauter, n'est-ce pas bel inconnu ? Vous êtes certainement au fait de l'événement ?

Nous, Baloo et Toundra, deux minuscules boules de poils abandonnées sans aucune espérance de vie sans la protection de notre petite mère qui avait tout à nous apprendre. Cette séparation fût bien cruelle. Trouvés tardivement après des jours d'errance, nous voici stabilisés bien que moi, Toundra, je sois un sauvageon de pure souche et je n'accorde plus ma confiance à l'être humain, dont la main ne prodigue pas que des caresses !
Toundra a été castré début mai, ce sera bientôt le tour de Baloo.


Moi, Jolie Lise, sauvage à l'état pur, en compagnie de mes deux chérubins O'malley (tigré) &Tanka (noir).
Abandonnée avec mon ventre rond, me sentant plus panthère que minette ronronnante près d'un foyer, j'ai mis bas seule dans la nature et je me suis rapprochée des humains pour la sécurité, ayant deux petits à nourrir !
Peu de temps après ma stérilisation (septembre 2009) j'ai quitté le monde des vivants, en espérant que mes petits ne vivraient pas la même épreuve que moi : un abandon !
Nés de mère sauvage, O'Malley et Tanka ne pouvaient qu'être sauvages, mais le fait d'avoir perdu leur mère, en quelques mois nous avons réussi à les sociabiliser.



Une maison inhabitée a fait l'affaire pour les premiers temps, de petits abris ont été confectionnés rapidement pour leur survie.
En compagnie d'autres chats "abandonnés" TomTom & Plume :


O'Malley et Tanka, à l'âge adulte, castrés le 1er avril 2010 :

Sur le même lieu, Janaka (gris et blanc) castré début mai & Féline (tigrée) sauvage de chez sauvage !

Nous avons dû restituer les lieux à leurs propriétaires, pas facile d'expliquer à tous ces félins que leur territoire serait squatté par d'autres.

Ils ne sont pas séparés, ils vivent leur petite vie de chats d'extérieurs.
Un inconnu dans son beau 4X4 a été vu abandonnant 5 chatons à peine sevrés !
3 noirs, 1 trois couleurs et 1 tigré ! Leur histoire fini certainement très mal.
Nourris quelques temps par un gentil voisin, que sont-ils devenus ?
Tous ces abandons sont récents !
La liste est longue de tous ceux qui sont morts seuls dans la misère, je ne suis pas là pour vous dresser la liste complète, mais je peux vous dire qu'un nombre très important ne survit pas à cette lâcheté, alors n'ayez pas la conscience tranquille parce que vous vous débarrassez du "problème", que vous le déplacer de quelques rues ou quelques villages ! L'histoire ne s'arrête pas à votre abandon, la suite n'est pas toujours acceptable.
Ceci est mon premier article "négatif".
Je m'étais fait la promesse de ne présenter que la face "ensoleillée" de l'association, faite de chats heureux et choyés.
Aujourd'hui la coupe est pleine, vous venez de lire une part du débordement.
Gardons une touche d'humour dans ce monde de cruauté et de folie dans lequel avance les yeux fermés, disons "ouverts" sur leur ego, une trop grande partie de l'humanité.
Nous parlerons des squatteurs une autre fois.


Joëlle